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Prince & Keith Jarret

Publié : 18 novembre 2009, 00:10
par Franck BICHOT
Keith Jarret est passé hier soir en concert privé à Paris. A 18h les invités ne savaient toujours pas où se déroulerait le concert. Je me suis aperçu en lisant quelques articles que cette légende vivante du Jazz était coutumier de ce genre de facéties et que ce trait de personnalité n'était pas le seul point commun qu'il partageait avec notre ami commun. Or, je n'ai pas vu sur ce forum de portrait croisé entre Keith Jarret et Prince.

Comparaison n’est pas raison et je ne suis probablement pas le mieux placé pour le faire mais je dirais tout de même à partir des articles que j'ai lu que :

Les deux ont été des artistes très précoces : "Keith s'est mis au piano à trois ans, écrivant assez vite ses propres compositions. A huit ans, il donne son premier concert, joue Bach, Mozart et deux compositions personnelles. Jusqu'à l'âge de dix-huit ans, le petite génie baigne dans la musique classique".

Les deux sont très prolifiques et donnent la part belle à l’improvisation. Chacune des prestations de Jarret donne lieu à "une création unique, jamais répétée, où l'improvisation est poussée à son maximum, nourrie à une exceptionnelle diversité de genres musicaux et reposant, de façon tout à fait inattendue, sur un répertoire de standards du jazz". Keith est rentré dans la légende avec ses concerts reposant exclusivement sur des compositions improvisées. Son concert de Cologne, un des albums de jazz les plus vendus au monde, est un peu son Purple Rain. Ce concert marqua non seulement la naissance d'une star, mais aussi d'un style. Keith Jarrett est l'un des rares musiciens à être aussi à l'aise avec l'improvisation pure, le jazz, le classique et les musiques populaires.

Les deux ont été très proche de Miles Davis. Miles Davis découvre Ketih Jarret alors qu'il a dix-huit ans. Il est fasciné, et l'engage.

Les deux ont des comportements de divas qui frisent parfois le ridicule. Keith est souvent décrit comme insupportable et indispensable. Il pose par exemple des exigences à l’occasion de ses concerts du type : : loges en blanc intégral, transport en Mercedes avec chauffeur professionnel, interdiction des flashes pendant les applaudissements, silence absolu du public pendant le concert, jet de son siège hors de scène...

Un des avantages qu’a Keith sur Prince c'est probablement que dans le monde du Jazz la côte d'un artiste est beaucoup moins liée à ses ventes de disques.

Moi, je serais assez partant pour un concert à quatres mains... qui s'annoncerait dores et déjà explosif !

Si certains ont plus des informations sur ces deux artistes, faites tourner...

A+, Franck (amateur de Jazz depuis ONA)

Publié : 18 novembre 2009, 00:24
par flop
Surtout, le style au piano de Prince est très influencé par Jarret (et pas le versant de Jarret que je préfère).
Suffit d'écouter ONA et le Koln concert, c'est assez troublant.

Publié : 18 novembre 2009, 00:54
par odrade
flop a écrit :Surtout, le style au piano de Prince est très influencé par Jarret (et pas le versant de Jarret que je préfère).
Suffit d'écouter ONA et le Koln concert, c'est assez troublant.
en effet, les 2 morceaux ont de vrais similarités ^^

Re: Prince & Keith Jarret

Publié : 18 novembre 2009, 19:39
par Purple Girl
Franck BICHOT a écrit : Miles Davis découvre Ketih Jarret alors qu'il a dix-huit ans. Il est fasciné, et l'engage.
Il y a une anecdote qui m'a fait marrer dans l'autobio de Miles Davis quand il se plaint du fait que certains musiciens dont Keith Jarrett faisaient en quelque sorte les clowns sur scène et ne jouaient que d'une façon à impressionner leurs épouses quand elles étaient présentes dans la salle.

Je ne connais pas grand chose sur Keith Jarrett mais je suis curieuse et je m'intéresse à son oeuvre comme à celle d'autres jazzmen.
Il y a un soir où mon fils et moi avons regardé sa somptueuse prestation au Festival de jazz d'Antibes en 1986 sur l'excellente chaîne Mezzo. Si quelqu'un a la setlist complète de ce concert, merci d'avance...

Il y a un vieil article de Libé où Serge Loupien le surnomme le Sarko du clavier eut égard à ses nombreux caprices de diva...
http://www.liberation.fr/culture/010156 ... -de-goujat

Et apparemment Keith Jarrett et Miles Davis partagent le même mépris pour Wynton Marsalis...

Re: Prince & Keith Jarret

Publié : 18 novembre 2009, 19:59
par Bob l'éponge
Purple Girl a écrit :
Et apparemment Keith Jarrett et Miles Davis partagent le même mépris pour Wynton Marsalis...
Pour quelles raisons?

Re: Prince & Keith Jarret

Publié : 18 novembre 2009, 23:04
par flop
Bob l'éponge a écrit :
Purple Girl a écrit :
Et apparemment Keith Jarrett et Miles Davis partagent le même mépris pour Wynton Marsalis...
Pour quelles raisons?
Au pif, je dirais pour son approche traditionaliste et étriquée du jazz.

Publié : 19 novembre 2009, 20:33
par Ben Grim
Quand j'ai entendu le solo de One Nite Alone version studio, j'ai également tout de suite pensé à Keith Jarett... ce côté très heurté et rythmique.

Personnellement, j'ai toujours préféré la sobriété et la finesse d'un Bill Evans ou carrément l'espagnolade de Chick Corea!

Ben Grim

Publié : 20 novembre 2009, 14:27
par Franck BICHOT
Je vais me remettre dans ONA pour entendre ce que vous décrivez.

Prince au piano fait à mon goût, un peu trop dans l’esbrouffe. En cherchant l’effet plus que l’émotion il vire parfois au rococo avec des arabesques un peu dégoulinantes. Sa posture de Mozart sur le Lovesexy Tour était la parfaite illustration de ça. C’est fun mais qualitativement on reste un peu sur sa faim.

Ce que j’aime dans ces grands performeurs, Miles Davis y compris, c’est leur façon de « travailler » leur audience. Je m’explique : chaque public a une capacité limitée, le temps d’un concert, à assimiler une dose de déstructuration, d’inconnu ou d’abstraction. Cette capacité peut être étendue si elle est ménagée, accompagnée par des plages de récupération pendant lesquelles le public est nourri par des passages plus lisibles.

Prenez « We want Miles », Miles Davis donne « Jean Pierre » comme une rampe à laquelle le public peut se tenir tout le long du concert pour récupérer entre deux jams moins évidents. Il pose des grosses pierres stables ici et là pour améner son public à traverser la rivière dans laquelle il ne se serait jamais aventuré tout seul. On sort de ce type de prestations avec l’impression d’avoir progresser. Le lien est fragile. Si le fil casse, et c’est physiquement lisible dans un concert de jazz, l’exercice est raté.

Publié : 20 novembre 2009, 16:20
par chane
Jolie réflexion Franck :wink:

Publié : 20 novembre 2009, 23:28
par TheGrind06
Effectivement trés interressante reflection :!: